Raconte-moi une histoire !

En ce début d’année scolaire, j’ai une pensée toute particulière pour ces écoliers qui ont repris le chemin de l’école, heureux de retrouver les copains mais un peu moins, parfois (souvent ?), de retrouver ou découvrir leur professeur. J’accompagne également, des mêmes pensées, ces chères âmes enseignantes dévouées dont la mission se répète, une fois encore. Il leur échoit la dure tâche de faire aimer les mathématiques, le français, l’histoire et tant d’autres choses encore ! Mais, ceci est une autre histoire.
Le cheminement de ma pensée m’amène à soulever quelques questions et ce sont elles qui m’intéressent aujourd’hui.

Enseigner, est-ce faire découvrir, faire apprendre ou faire aimer ?
Faire découvrir qu’on peut aimer apprendre ??

Si je prend le cas du français – pour disserter sur ce que je connais le mieux – on part souvent du postulat qu’un enfant qui n’aime pas lire réussira moins bien dans cette matière. Et donc qu’un enfant qui aime lire se doit d’aimer le français et donc d’y réussir. Assez bancal comme raisonnement, non ? Et pourtant, c’est généralement cette simplification des choses que l’on retient.

Ma question suivante est : En quoi dévorer Harry Potter (ce n’est qu’un exemple sans jugement de valeur) permet de mieux apprendre la grammaire, la conjugaison ou l’orthographe ?
J’ai, dans mon entourage proche, des personnes qui ont lu moins de livres que leur main ne compte de doigts et dont l’expression, écrite ou orale, frôle la perfection. A l’inverse, je connais des lecteurs acharnés pour qui écrire une phrase sans fautes d’orthographe relève du défi.
Si j’étais triviale, je demanderais : mais alors, c’est quoi l’embrouille ?

D’ailleurs, aimer lire … est-ce aimer les livres, ces objets étranges à l’usage parfois fastidieux, aimer les mots, dont on ignore trop souvent la richesse autant que l’utilité, ou aimer les histoires, que l’avènement du cinéma nous fait croire d’images créées par d’autres.
Pour moi, le problème ne peut se poser autrement qu’au travers de ce triptyque.

En effet, quand je dis que j’aime lire, il faut avouer que je résume les choses.
Premier point, j’aime les livres. C’est avéré, avant même d’en apprécier le contenu, ce sont des objets parmi lesquels j’ai grandi -au sens propre puisque je me servais de livres pour construire des cabanes étant enfant …- et qui m’ont toujours fascinés. C’était l’apanage des « grands » qui semblaient trouver dans leur usage une satisfaction qui m’était interdite, ne sachant que peu lire.

Ensuite, j’aime les histoires. Celles qui prennent racines dans notre imagination, celles dont les images n’appartiennent qu’à celui qui les reçoit. Ayant découvert le cinéma et la télévision tardivement, j’ai eu, en contre-partie, la chance d’être bercée d’histoire lue par ma famille. C’était autant le rituel du soir que l’occupation lors de longs voyages en train. Ainsi, j’ai découvert Croc-Blanc de J. London, Sa majesté des Mouches de W. Golding, Bilbo le Hobbit de Tolkien, pour ne citer qu’eux, avant même d’avoir l’endurance nécessaire à l’achèvement d’un Poppi.
Portée par une voix, les images naissaient dans ma tête, libres de toute contrainte. Bien sur, aujourd’hui, j’aime le cinéma mais je n’en demeure pas moins addict à une histoire qui se passe dans ma tête, issue ou non d’un acte de lecture.

Et enfin, j’aime les mots. Ce sont eux, d’ailleurs, plus que mon goût pour la littérature qui m’ont menée à des études littéraires. Un texte connu nous dit : « Au commencement était le Verbe ». Les mots ont un pouvoir extraordinaire, ils nous confèrent la possibilité d’exprimer tout ce qui se trouve en nous et de communiquer avec nos semblables -et même, selon l’avis de certains, avec les animaux, mais là encore, c’est une autre histoire ! Nous utilisons les mots tout au long de la journée, en toute occasion et parfois, leur absence même est créatrice de sens.

Donc, quand je dis que j’aime lire, je dis en fait bien plus de choses qu’un simple attrait pour la littérature.

S’interroger sur les raisons qui poussent quelqu’un à aimer ou non lire est certainement plus productif que d’essayer à toute force de l’amener à ouvrir un bouquin, car l’essentiel n’est pas là – et la vérité est ailleurs.

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