Un métier, des compétences

Nous avons tous des souvenirs liés à nos années passées sur les bancs de l’école. Parmi les bons comme les mauvais, certains sont dus à nos enseignants, nous faisant dire que tel professeur était génial ou que tel autre était tout simplement nul. Expression de nos caractères d’adolescents, rébellion ou fascination, ces constatations ne sont pas toujours le fruit d’une vision subjective.
Il faut être honnête, certains sont de bons enseignants, d’autres non. Mais pourquoi ? Est-ce qu’un prof apprécié par ses élèves est nécessairement un bon prof, alors que celui que tout le monde déteste n’a pas sa place ? Une question difficile mais bien utile car derrière se cache la véritable question : qu’est-ce qui fait un enseignant de qualité ? Quelles sont les qualités humaines et les compétences professionnelles indissociables de ce métier en pleine mutation ?

Face à une classe, on a peu le temps d’y réfléchir. On doit être dans l’action, dans la réaction et dans l’adaptation. Mais, quoi qu’on en dise, notre vie, en tant qu’enseignant, ne se cantonne pas à une salle de classe ou à des corrections de copies. Il est nécessaire et indispensable même de prendre le temps d’un recul sur la personne que nous sommes et celle que nous présentons à nos élèves – bien souvent assez différente, statut oblige.
Facile à dire mais pas toujours à mettre en oeuvre.

J’ai eu une chance dans mon début de carrière, celle de multiplier les expériences. Quelques chiffres qui parlent d’eux-mêmes :

  • 4 ans
  • 8 établissements
  • 9 niveaux d’études (6ème, 5ème, 4ème, 3ème, 2nde, 1ère, terminale, première et deuxième année (BTS, école d’ingénieur et université))
  • plus de 600 élèves et étudiants

Je pourrais y ajouter le nombres d’heures passées en classe, à préparer des cours, en réunion ou à corriger des copies, là aussi les chiffres seraient impressionnants mais j’avoue ne pas tenir de compte.

Pourquoi ces chiffres ? parce qu’ils représentent des étapes clés.  Chaque changement d’établissement, si rapide soit-il -parfois le temps d’un week-end- a été l’occasion d’une remise en question, d’une réflexion sur moi-même, d’une mise au point sur mes compétences, mes connaissances et mes capacités personnelles. A chaque fois, il a fallu que je m’adapte, à la structure, aux équipes en place, aux élèves. Et loin de m’en plaindre, je suis convaincue que sans cela mon expérience n’aurait pas été aussi riche d’enseignements.

J’ai été pendant 4 ans enseignante et apprenante, grâce à mes collègues, grâce aux élèves, grâce à l’encadrement de l’enseignement catholique -là aussi, une chance – mais surtout grâce à l’idée qui ne m’a jamais quittée : je pouvais m’améliorer. Comme dans n’importe quelle profession, on y entre comme débutant et on tend à devenir expert, à condition de s’en donner les moyens.

Il faut se rendre à l’évidence : enseigner est un métier complexe qui va bien au-delà de la transmission de savoir, du partage de connaissances. Il demande de nombreuses compétences, générales ou spécialisées, selon le niveau auquel on enseigne, la matière, le public, etc. Certes, il en va de même pour toute profession. Là où les choses se compliquent, c’est quand il s’agit d’identifier ces compétences.

Pour ma part, la toute première a été l’adaptabilité. Rapidement, lors de ma première expérience, je me suis rendue compte que la personne que j’étais, dans son intégralité, n’avait pas sa place dans mon costume d’enseignante. Et la première expression a été une modification physique : exit l’anneau dans le nez et les vêtements d’étudiante, mon statut imposait une différenciation avec les elèves.

C’est d’ailleurs avec cela qu’est né un petit délire personnel, celui du « costume ». L’idée étant d’éviter de mélanger ma personnalité professionnelle et ma personnalité personnelle, notamment parce que certains traits de caractères « personnels » n’avaient pas leur place dans mes cours, parce qu’ils n’auraient pas été compris par mes élèves ou par leurs parents et plus simplement, parce qu’ils n’appartiennent qu’à moi et n’ont pas à être mélangés avec l’image de l’établissement dans lequel je travaille. Sans pour autant me formater et n’être plus qu’un prof, même dans mes rapports avec mon entourage.

Ensuite, il a fallu que je m’adapte dans le rapport avec les élèves : avoir de l’autorité tout en restant accessible et dynamique. Ne pas être leur copine, mais ne pas être leur ennemie non plus. Je pense que ça a été le plus compliqué.

Malgré tout, un des pires moments de ce début de carrière a été quand en rentrant dans la salle des profs on m’a fait remarquer que les élèves n’étaient pas admis, qu’ils devaient frapper et demander un professeur. Passée la surprise, la mienne devant cette réaction et celle du collègue en question quand je lui ai dit qu’il se méprenait, il a fallu trouver un juste milieu. Réussir à ne pas se sentir inférieure parce que débutante mais suffisamment modeste pour ne pas hésiter à demander de l’aide. Pour ça, il m’a fallu beaucoup plus de temps ! Parfois, j’ai même eu envie de porter un badge pour éviter les malentendus.

Mais ce n’était que de petits pas et il y en a eu de nombreux autres.

Pour avoir une vision globale du problème, je vous invite à jeter un oeil sur le document suivant :

http://francois.muller.free.fr/diversifier/30compet.htm

Ce document, divisé en 3 parties, présente des travaux et des réflexions de professionnels sur le métier d’enseignant, sa perception et ses évolutions. Il permet d’en comprendre, ou d’en apercevoir, la complexité et l’ampleur.

A suivre …


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