Si vous devez retenir un nom, retenez le bon

Quand un écrivain excelle dans l’art de raconter des histoires, j’adore.
Quand en plus, cet écrivain fait preuve du même talent pour partager un fait qui le révolte, je  ne peux qu’adhérer. Et partager!
Maxime Chattam. J’en ai déjà parlé et j’en parlerai encore. Mais je re-situe pour ceux qui n’auraient pas suivi.

Romancier de talent, il s’illustre dans l’écriture de romans policiers, principalement ceux ayant pour sujet les tueurs en série. Pas si étonnant lorsqu’on sait qu’une partie de ses études a été consacrée à la criminologie, à la psychologie criminelle et autres sciences médico-légales. Rapidement, à ses brillantes enquêtes se superpose une analyse de l’âme humaine et des dérives de nos sociétés modernes.

Rien d’étonnant non plus, dans ces conditions, à le voir réagir lorsque la violence et l’inhumanité de ses romans s’invitent dans la réalité.

Vous avez tous entendu parlé de ce tueur norvégien. C’est bien ce qui dérange M. Chattam ! Il refuse d’écrire son nom, lui refuse une médiatisation et une reconnaissance abjecte compte tenu de ses actes. On peut difficilement le contredire !
Quelle société se construit en inscrivant dans son Histoire le nom des meurtriers au détrimant de ceux de leurs victimes ?

 » Je ne supporte plus cette « starisation » des criminels, et moi qui suis plutôt à craindre les lois liberticides, pour le coup je ne serais pas contre réfléchir en une instaurer une qui interdirait aux médias de mentionner le nom des criminels de ce genre, ces « mass-murderers » comme on les appelle par delà l’océan Atlantique, interdisant de publier une photo d’eux. Leur refuser le droit à l’existence médiatique qu’ils revendiquent parfois, leur nier le plaisir de faire la Une, que la société les traite comme ce qu’ils sont : des criminels, qui ont droit à un procès, pas comme des stars. »

Maxime Chattam nous livre des mots durs, un constat amer et pourtant, comme pour illustrer cet espoir, cette foi en l’humanité qui habite nombre de ses romans, cela n’est pas sans but. Il nous propose une alternative. Son discours n’est pas factuel, il est proactif.
Taire leur nom n’est pas juste un choix, c’est une action :

« Et si cela suffisait à en dissuader juste un… Vous voyez ce que je veux dire.
C’est une idée. »

Et comme rien ne remplacera ses propres mots, je vous laisse les découvrir, ainsi que son blog, où vous trouverez bien d’autres choses à lire, plus légères mais non moins intéressantes.

Bonne lecture et à très bientôt !

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Une réflexion sur “Si vous devez retenir un nom, retenez le bon

  1. L’approche évoquée dans cet extrait n’est pas vide de bon sens. Maxime Chattam livre crument dans le fond, la réalité d’un monde qui se cherche mais sans pour autant en comprendre les rouages.

    La criminalité, la violence… ne peuvent plus s’arrêter et se combattre aujourd’hui. Si taire la réalité médiatique d’un criminel consent à réduire son image, elle n’effacera jamais l’acte et le besoin pour beaucoup de l’associer à un coupable.

    Si on remonte la vie d’un criminel, on découvre bien souvent des troubles de l’enfance… et pourtant ! qui jetterai la pierre à un enfant si nul ne peut connaitre son avenir. Les parents ! sont-ils fautifs ? Prenons l’exemple d’une famille pauvre vivant dans un des nombreux ghettos de Los Angeles, père et mère doivent travailler et parfois cumulés 2 jobs. Ils ignorent tout de leurs enfants, les laissant en proie à la rue… ont-ils le choix ? mais ils travaillent néanmoins pour la survie de leurs enfants. Quel sera l’avenir de ces gamins ? Ils sont déjà presque éduqués par leur environnement, jusqu’à effacer les règles de bonne conduite inculquées par la famille.

    Prenons un cas opposé, un fils de riche que rien ne saurait privé de ce qu’il veut. Il a tout mais il manque de sensations…. il est intouchable et commet l’irréparable.

    Quelle est la famille la plus responsable dans ces 2 cas ? celle dont vous n’entendrez jamais parlé et celle qu’on ne verra certainement pas dans les médias… Le mal serait-il ailleurs ?

    J’ai une horreur de la violence, mais d’avantage de ce qu’on nous dit pas, de ce qu’on nous cache et de ce qui crée cette haine et cette violence.

    Voilà mon sentiment en quelques mots pour répondre à un trait précis de ce que combat Monsieur Chattam. Il a raison, mais il faudrait que chacun à son niveau ai une vision claire de ce monde et des hommes qui le gouverne.

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